Traverser l’Europe à vélo avec un piano : à première vue, ceci peut paraître loufoque ou irréalisable… Mais finalement, en roulant « piano piano », si ce n’était pas si fou ?

Les photos de cet article témoignent du spectacle né de cette aventure hors du commun…
Photos : Pascal Gaudin – Textes : Pascal Gaudin et Eliott Neyret

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Pianotrip, c'est un couple, là, derrière, gesticulant sur leur vélo.

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Pianotrip, c'est un voyage à vélo de 19 mois à travers l'Europe en tirant un piano dans une remorque.

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Pianotrip c'est une pianiste qui étouffe dans son milieu artistique et qui souhaite s'ouvrir à l'autre et à l'ailleurs grâce à sa musique.

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Pianotrip, c'est un amoureux de vélo, prêt à toutes les concessions pour que sa copine accepte de voyager à vélo et à qui il ne peut donc pas refuser d'emmener son piano...

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Pianotrip, c' est un immense grain de folie, une bravade de l'impossible, une bouffée d'oxygène.

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Pianotrip, ce sont deux vélos : l'un des plus traditionnels, surnommé le "poisson-pilote", et l'autre à assistance électrique, qui tire une remorque équipée de panneaux solaires qui alimentent la batterie.

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Mais aujourd'hui, Pianotrip est surtout un spectacle, un "one woman show" d'une poésie et d'une tendresse totalement hypnotisantes.

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En toile de fond, des photos (et quelques vidéos) défilent tout en douceur. Au micro et au piano, Lou Nils alterne récits et chansons, flirtant souvent avec la poésie.

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A l'issue de ce spectacle, les deux voyageurs, Lou Nils (LN) et Christophe Clavet (CC), répondent aux questions du public. Leurs réponses illustrent la suite de cet article.

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LN : "C’est à partir du moment où l’on imagine qu’un projet est possible qu’on a soudainement plus de force. L’idée est venue à nous et après on a tout fait pour qu’elle se passe."

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LN : "Quand tu commences à tracter l’idée, d’autres gens commencent à se mettre autour et finalement, ça devient un projet collectif. Petit à petit, on trouve les pièces du puzzle et puis on se met en route. Une fois qu’on est sur la route et qu’on a des soucis, on se rend compte que c’est la même chose : on est jamais seul et on avance."

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LN : " Il y a une fois où l’on s’est arrêté sur le bord de la route, on était dans une descente, on avait plus de freins... C’était la cata complet ! Il pleuvait, on n’avait pas de souffle… On a abandonné peut être l'espace de dix minutes et là, un camion s’est arrêté et on lui à dit : "Non, laissez tomber, il n’y a pas de solution". Il nous a dit : « si ! si ! » et il nous a tirés. Le voyage est reparti... "

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CC : "Le piano était celui qui était le mieux loti car il était tout le temps à l’abri et sa caisse était isotherme et montée sur cylinbloc. Au final, c’était donc le plus préservé de nous trois. Je pense qu’on a eu de la chance aussi : on fait encore des spectacles avec et il est encore en vie ! A chaque fois qu’on va le faire accorder, l’accordeur pense que c’est la dernière fois mais il est encore en vie, donc je pense qu’il était fait pour ça ! "

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LN : " Pour faire un piano trip il faut être deux. Tout seul, ça ne marche pas. Tu ne peux pas le décharger, tu ne peux pas le poser, donc il faut deux personnes minimum et pas de restriction possible sur le nombre. "

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CC : " Et sinon on l’a accordé trois fois, à Budapest, Lisbonne et Athènes. On avait des toutes petites bases pour l'accorder nous-même en cas de gros pépin mais c’est vraiment un métier. "

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CC : " Sur le petit vélo, le " poisson-pilote ", on avait tout ce qu’il fallait pour la journée mais l’essentiel était dans le piano vélo. On avait même une petite bibliothèque. Ça c’est du luxe de voyager en vélo et de pouvoir prendre plus de deux livres ! C’était quasiment le seul luxe que l’on s’accordait car sinon, on avait juste une valise chacun. "

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LN : " On est partis avec une seule tenue, celle du petit marin qu’on avait à Venise. C’est celle d'une jeune créatrice d'Aix qui avait envie de faire voyager ses créations. On n'avait pas pu creuser plus la question et l’on s’était dit que ça allait arriver en cours de route. On s’est vraiment laissé la case ouverte. On avait une autre valise, qui était vide au départ, où il y avait juste cette tenue dedans et au fur et à mesure de ce tour d’Europe, on a grappillé des objets de partout. "

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LN : " On a un peu chiné, on a rarement acheté, parce qu’on avait peu de fonds et qu’il y a eu des échanges et plein de choses et c’est finalement comme ça qu’elles sont arrivés. On n'avait pas du tout le contrôle sur ces objets qui ont transité dans cette valise. On est arrivés à des esthétiques ou des idées de personnages et de décors qui justement nous ont dépassé. On voulait vraiment aller le plus loin possible dans les paysages et cette valise grise nous a aidés. Toutes les tenues que l’on voit n’étaient pas prévues. "

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CC : " On pouvait difficilement sortir des routes goudronnées, ce qui rendait d’ailleurs le bivouac très compliqué et puis même si on arrivait à prendre une route pour aller faire un bivouac, de toute façon, on était visibles de très loin à la ronde... Même en restant sur les routes goudronnées, on a cassé environ un rayon tous les 20 kilomètres, ce qui fait 220 rayons ! A Budapest, on à mis des roues de 125 mais on continuait à casser encore un peu de rayons. On s’est adapté finalement et ne pas faire de bivouac fait qu'on est obligés de trouver des solutions avec les personnes qui sont là et cela rend le voyage d’autant plus passionnant et fou. "

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LN : " Oh oui, on a de nouveaux projets car ça a amorcé une petite pompe qui n’est pas prête de s’arrêter ! C’est comme une pierre blanche. C’est vraiment le premier acte qui récapitulait tout ce qu’on a pu grappiller de-ci de-là. En rentrant on a eu tout de suite envie d’écrire et ce spectacle est né en trois jours car un festival près de La Rochelle nous a demandé si on voulait faire quelque chose. On s’est dit qu’il fallait qu’on le défende sur scène et comme j’avais besoin d’écrire tout est sorti à ce moment-là. "

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LN : " Pendant 2 ans, avec Chris, je me suis attelé à faire sortir ce qui s’était passé. Le spectacle aborde quelques points, mais pas tout. C’est très dur de faire des choix sur ce qu’on va restaurer et c’est super casse gueule ! Le livre laisse un espace plus généreux pour rentrer dedans, d'où l'idée d'aussi faire un livre... "

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LN : " Ce travail est arrivé à finition la semaine dernière, on a la chance d’être publié aux éditions Points donc pour nous c’est incroyable. Il est sorti de l’imprimerie, il est tout chaud, on ne l’a pas encore feuilleté ! Ce fut un travail de longue haleine et l’on sera super heureux de le voir sortir le 16 avril. " (le lendemain de cette interview)"

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LN : " Cet acte-là est une pierre blanche et l’on va repartir d’aussi tôt. On est en train de monter un prochain projet qui est en cours de financement et de montage. Ce sera toujours avec la même idée de créer, toujours une idée musicale et cela s’appellera « Road residency ». L’idée sera de marcher vers l’horizon et de tirer vers la création d’un album musical le long de la route. On s’apprête à partir dedans le plus vite possible. C’est comme une catapulte. On met beaucoup de temps à la détente, mais quand c’est parti, c’est parti. "

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LN : " Des pianos trip ont été investis dont on n’était pas forcément les initiateurs, même si on était là. L’idée s’est fait dépassée parce qu’il y a des gens qui nous ont ouvert des espaces hallucinants que l’on aurait jamais pu fouler tout seul ou parce qu’il y en a qui se sont installés. Et aussi parce qu’on a eu envie de savoir un peu sous toutes les coutures ce que c’était que de se balader avec un piano en Europe. "

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LN : " On a déposé le piano parfois dans des endroits incongrus et on a attendu de voir ce qui se passait. On attendait de voir une autre impulsion et elle est venue. Ca, c’est fou ! Il y a des pianos trips qui ont germé sur le continent et c’est vrai qu’ils nous ont décoiffés parce qu’à force de miser sur un projet surprenant, on avait oublié le fait que c’était nous qui allions nous faire décoiffer en premier. Et on a été servis ! ".

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CC : " De plus en plus de pianos fleurissent dans les villes et ça c’est génial ! Je pense que quand on tracte un projet qui n’est pas imaginable ou pas possible, ça crée un élan et les gens profitent de cet élan-là pour monter d’autres projets. "

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CC : " Nous n’avions pas prévu de spectacle avant de partir. Un documentaire était prévu, mais les financements ne sont jamais tombés. Le spectacle est né suite à une conférence que l’on devait tenir. Le livre est sorti parce qu’il fallait que ça sorte, mais ça n’était pas prévu en amont. " Pour en savoir plus sur le Piano Trip : www.pianotrip.com

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