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Lesotho : Goodbye Senqu River…

 

En alternant VTT et packraft, Géraldine et Pascal traversent le Lesotho au fil de l’un des plus longs cours d’eau d’Afrique : le fleuve Senqu. Au détour d’un méandre, ils découvrent qu’il va être en grande partie noyé, pris au piège d’un vaste projet de barrage hydro-électrique.

 

Texte et photos : Pascal Gaudin

 

Cet article a été écrit grâce au soutien de CAMELEON NATURE

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Cap sur le Lesotho, un royaume enclavé au coeur de l'Afrique du Sud. Ce pays ultra montagneux est hérissé de sommets volcaniques et entaillé d'innombrables cours d'eau.

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Renommé Orange river par les Boers, le Senqu est le 6ème plus long fleuve d'Afrique avec ses 2160 kilomètres de long. Il prend sa source au nord-est du Lesotho, avant de traverser le pays de part en part. Il rejoint ensuite l'Afrique du Sud puis fait la frontière avec la Namibie avant d'aller se jeter dans l'Océan Atlantique.

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Lors d’un premier voyage au Lesotho, la Senqu river est un véritable coup de foudre pour Géraldine et moi. Ses méandres tortueux, ses canyons grandioses, son univers sauvage et sa démesure nous ont littéralement envoûtés, au point de nous donner l’envie irrésistible de revenir faire plus ample connaissance avec elle...

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L’idée de voguer en autonomie entre terre et eau s’est rapidement imposée, puis s’est concrétisée grâce à l’existence des packrafts. Cette petite embarcation gonflable compacte et légère peut être aisément transportée sur un vélo, tout en ayant, une fois sur l’eau, l’énorme avantage de pouvoir accueillir une personne avec son vélo et ses sacoches.

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Nous décidons de pénétrer dans le pays par le nord, au poste frontière reculé de Monantsa, puis de rejoindre la source de la Senqu à VTT, d'où nous espérons alterner vélo et packraft en suivant son cours.

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Dès les premiers kilomètres, nous sommes frappés par l'omniprésence du maïs qui tapisse les vallées. Un patchwork de verts qui tranche élégamment avec les sommets volcaniques aux tons noirs s'étirant en toile de fond.

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Rien d'étonnant à ce que la polenta locale, appelée pappa, soit la base de l'alimentation des Basothos (ou Sothos). Ces jeunes bergers rencontrés à environ 2500 mètres d'altitude nous accueillent ici dans leur camp. En été, ils passent trois ou quatre mois en alpage pour garder les troupeaux de moutons, chèvres et vaches.

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Leur "tenue" est pour le moins surprenante. Qu'il fasse chaud ou froid, les bergers portent des bottes de caoutchouc (parfois de couleur blanche !), un short ou un slip, une ou deux couvertures et une cagoule (qui leur donne une allure inquiétante de prime abord). Le temps étant extrêmement changeant, avec de nombreux orages à la clé, ils peuvent s'adapter à toutes les conditions.

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Le Lesotho souffre d'une relative sécheresse à l'époque de notre voyage (2019). Comme partout sur la planète, le climat est devenu fou. Nous espérions naviguer la Malibamatso river, un des affluents du fleuve Senqu, mais le faible niveau d'eau ne le permet pas...

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Après un peu plus de 2 semaines à vélo, nous atteignons la Senqu river. Immense soulagement : il y a suffisamment d'eau pour naviguer !
Les Basothos viennent souvent assister aux préparatifs par curiosité et nous donnent volontiers un coup de main. C'est l'occasion d'échanges joyeux et animés.

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Nous nous lançons pour une semaine de packraft sur ces eaux sombres, marrons-orangées, presque envoûtantes...

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Loin de tout village, nous savourons la magie des bivouacs dans des lieux sauvages.

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Les oiseaux nous tiennent souvent compagnie : ici un cormoran. Nous voyons beaucoup d'oies sauvages, des ibis et de nombreux couples de canards qui semblent nous escorter.

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Le niveau d'eau est très irrégulier. Nous sommes parfois obligés de marcher en tirant notre packraft à cause du manque de profondeur ou...

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...du débit trop important.

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Un seul retournement de bateau à notre actif, mais il complique la suite du voyage puisque nous y perdons une pagaie double. Heureusement, l'autre pagaie peut être transformée en deux pagaies simples. Cette petite bérézina se solde aussi par une belle crevaison du packraft (réparable grâce à des patchs, sortes de grandes rustines).

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La plupart du temps, notre vie est un long fleuve tranquille, avec...

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...ses petits moments pimentés.

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Les orages de fin de journée sont quasi quotidiens au "royaume dans le ciel". Lorsqu'on a la chance de trouver un abri idéal, on admire d'autant plus ces spectacles son et lumières magnifiques...

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Les pêcheurs sont les rares personnes que nous rencontrons. Ils descendent des villages, toujours situés à plus de 200 mètres de dénivelée de la Senqu River, puis passent la journée à pêcher avant de remonter pour vendre le fruit de leur patience.

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Ils pêchent majoritairement des truites saumonées et des "yellow fish" (poissons jaunes). La Senqu River se transforme parfois en "drive in" lorsque nous accostons pour acheter du poisson frais. Un délice !

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Les gués sont des passages clés où nous faisons aussi quelques rencontres. Le cheval devient le moyen idéal pour traverser la rivière en solo ou...

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...en duo !

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Cette passerelle symbolise la sortie de la première de nos deux sections de packraft sur la Senqu River, mais aussi un tournant "sentimental" de notre voyage : des marteaux-piqueurs résonnent de toutes parts dans la vallée encaissée. Nous apprenons que ce sont des forages en vue de la construction d'un barrage. Tout ce que nous avons vu depuis une semaine sera noyé sous l'eau...

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En creusant le sujet, nous réalisons que ce barrage de Tsoelike n'est que l'un des sept barrages prévus dans le projet pharaonique du Lesotho High Water Project (LHWP). A ce jour, les barrages de Katse et de Mohale ont déjà vu le jour. Le barrage de Polihali, aux environs de Mokhotlong, débute sa construction. Deux objectifs : alimenter l'Afrique du Sud, essentiellement Johannesburg, en eau potable (en creusant des tunnels de plusieurs dizaines de kilomètres sous les montagnes), et produire de l'hydro-électricité pour le Lesotho et l'Afrique du Sud.

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Doubla (ici à cheval) et les habitants de son village de Tsoelike sont au coeur d'un profond dilemme environnement / développement / social lié à ce type de projet.
A titre d'exemple, Amnesty International poussait un cri d'alerte en février 2020 : voir ici.
D. Blanchon, à travers l'Association des Géographes, a publié un article qui résume bien tous les enjeux et les problématiques du LHWP : voir ici

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Une petite fissure au coeur, nous reprenons notre voyage à vélo et regardons s'éloigner la Senqu River, réalisant que cette vallée, et les champs de maïs qui vont avec, vont être noyés.

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La chaleur humaine des Basothos nous permet de retrouver du baume au coeur. Lebo nous accueille dans sa maison pour la nuit et improvise un défilé de mode devant sa magnifique case.

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Iknès nous ouvre les portes de son jardin dont la pelouse est idéale pour planter la tente...

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Les cases traditionnelles sont des petits bijoux. Nous admirons le savoir-faire de ce couvreur qui dispose avec attention les herbes hautes séchées et rassemblées en fagots quelques mois plus tôt.

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Nous reprenons une vie plus sociale après les journées solitaires passées sur la Senqu.

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Un petit coup de pouce dans les sections très raides n'est jamais de refus !

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Alors que nous attendons depuis plus de quatre heures que cette pluie torrentielle prenne fin, un 4X4 s'arrête à notre hauteur. Une religieuse apparaît derrière sa vitre embuée qui descend et nous lance : you can't stay here ! (vous ne pouvez pas rester ici !). Elle nous invite à charger nos vélos à l'arrière du véhicule et nous emmène dans la mission catholique qu'elle dirige. Une nuit à l'abri et dans un lit, ça ne se refuse pas !

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Les cafés-épiceries sont propices aux rencontres ...et aux délires gastronomiques du voyageur à vélo ! A l'approche d'un village, le cyclo-voyageur a des apparitions visuello-culinaires qui l'aident parfois à pédaler, même s'il faut bien sûr se contenter de produits simples dans ces lieux reculés.

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En écoutant les conversations devant les "tavern", quelques "clics" sortent de la bouche des locaux. Petit flash back sur le film "Les dieux sont tombés sur la tête" où nous avons déjà entendu ces sonorités. Nous nous expliquons enfin pourquoi les Basothos ne comprennent pas le mot Senqu prononcé dans notre bouche : la deuxième syllabe est un clic !

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Le peuple basotho est un peuple de cavaliers. Leur monture est comme un prolongement d'eux-même.

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A notre grande surprise, les routes du Lesotho sont de véritables billards. Les Chinois règnent en maître dans ce savoir-faire dans toute l'Afrique. Les petites boules épineuses du tribule terrestre, une plante rampante, sont l'ennemi du cycliste. Elles poussent même au bord des routes !

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Goodbye Senqu River. Goodbye Lesotho.

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La réalisation d'un film racontant ce voyage est à l'étude. L'auteur est à la recherche de partenaires pour financer le montage.

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